Rapport · 2020
Campus Cyber : fédérer et faire rayonner l'écosystème de la cybersécurité
Pour un nouveau centre de gravité de la sécurité et de la confiance numériques en France et en Europe
Rapport de préfiguration remis au Premier ministre le 7 janvier 2020, au terme d'une mission confiée en juillet 2019 et de près de soixante auditions, proposant le modèle opérationnel du futur Campus Cyber.
Voici le document fondateur, à lire à côté de ma note rétrospective de 2026. C’est la seule paire de cette bibliothèque où l’on peut confronter un projet et son bilan et je suis co-auteur des deux, ce qui doit être dit d’emblée : personne n’est bien placé pour évaluer un plan qu’il a lui-même écrit.
Le rapport a été remis le 7 janvier 2020, après une mission confiée en juillet 2019 et près de soixante auditions, puis rendu public au Forum international de la cybersécurité de Lille par Cédric O et Michel Van Den Berghe.
Trois écarts entre le projet et la réalisation, mesurables et instructifs.
La surface. Le rapport proposait un lieu de 10 000 à 15 000 m². Le Campus en occupe 26 000, soit le double de la borne haute. Un projet public dont l’ambition matérielle double entre l’étude et la livraison est assez rare pour être noté, et la question n’est pas de savoir si c’était mieux, mais ce que cela dit de la façon dont l’étude d’opportunité avait calibré la demande.
Le calendrier. L’ouverture était prévue au premier semestre 2021 ; elle a eu lieu en février 2022. Un an de retard sur un projet immobilier traversé par une pandémie n’est pas un échec mais l’étude ne prévoyait aucune marge, ce qui est une faiblesse ordinaire de ce genre d’exercice.
La carte territoriale. Le rapport envisageait des antennes dans les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et en Bretagne. Cinq campus ont été labellisés depuis : Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Normandie, Bretagne, Région Sud. Deux des trois régions pressenties y figurent, les Pays de la Loire non, et trois régions non prévues s’y sont ajoutées. Le maillage réel s’est construit par l’initiative des territoires plutôt que par la carte que nous avions dessinée. C’est probablement le meilleur enseignement du document : un dispositif d’écosystème ne se planifie pas depuis Paris, il se laisse déclarer.
Un renversement, enfin. Le rapport étudiait Beer Sheva en Israël, Cyber NYC, LORCA à Londres et Chengdu comme modèles à comprendre. Six ans plus tard, la Lituanie a ouvert son campus sur le modèle français, et l’Allemagne comme les Pays-Bas s’y intéressent. Nous comparions ; nous sommes devenus le comparé.