Appel à engagements · 2015
Pour une convergence des transitions écologique et numérique
Appel à engagements
Appel à engagements de 19 pages, lancé cinq jours avant l'ouverture de la COP21, pour rapprocher les acteurs de la transition numérique et ceux de la transition écologique.
Cette fiche n’est pas un rapport, et c’est tout son intérêt.
Le CNNum a publié en dix ans des avis et des rapports argumentés. Ici, avec l’IDDRI et Place to B, il a lancé un appel à engagements de 19 pages, cinq jours avant l’ouverture de la COP21. C’est l’instrument le plus faible de la boîte à outils : un appel ne contraint personne, ne recommande rien de précis, et son efficacité se mesure au nombre de signataires qui font ensuite ce qu’ils ont annoncé.
C’est aussi la seule production de cette période où le Conseil s’est associé à un espace de mobilisation citoyenne plutôt qu’à des institutions. Ce choix disait quelque chose du moment : fin 2015, la convergence des deux transitions n’avait pas encore de traduction en politique publique, et l’appel tenait lieu de mise à l’agenda.
Le reste est instructif par comparaison. En juillet 2020, le CNNum a remis à la ministre de la Transition écologique et au secrétaire d’État au Numérique une feuille de route de 50 mesures sur l’environnement et le numérique. Un vrai instrument, avec des recommandations chiffrées, et je n’y ai pris aucune part, ayant quitté le Conseil deux ans plus tôt. Cinq ans séparent l’appel de la feuille de route, et il a fallu attendre une loi, en 2021, pour que des obligations existent.
L’écart entre les deux mérite d’être nommé pour ce qu’il est : non pas une erreur d’échelle, comme ailleurs dans cette bibliothèque, mais une erreur d’instrument. Nous avions le bon sujet, trois ans avant qu’il devienne un objet de politique publique, et nous l’avons porté par le moyen qui engageait le moins.
Un dernier point relie cette fiche au rapport Villani. Son cinquième axe reprenait la même ambition : une IA plus sobre et une IA au service de l’écologie. Dix ans après l’appel de 2015, la consommation des centres de données a progressé plus vite que les usages environnementaux du numérique. Les deux termes de la convergence n’étaient pas symétriques, et nous ne l’avions vu ni en 2015 ni en 2018.